Le pavillon du cinéma

Flies et ses petits camarades vont vous parlez pour votre plus grand plaisir de petit cancrelat avide de savoir, de cinéma !

01 février 2008

L'armorique, je veux l'avoir et je l'aurai !!

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Le vent souffle sur les plaines de la Bretagne armoricaine ! Je jette un dernier regard sur ma femme, mes loutres et mon domaine. Hakim le fils du… Euh… C’est bien ici la nouvelle star 2008 ? Non ? Damned...

On m’a souvent dit, tu parles trop… Et c’est pas faux ! Mais il y a bien un endroit ou je ne parle pas tant que ça ! Il s’agit du cinéma. En ce moment il fait froid, il pleut, mais je m’en fous, rien ne m’arrêtes, je sors !
Une fois devant le cinéma, une question vient s’installer dans votre esprit ! Lorsque les hommes ont découvert que la vache produisait du lait, que cherchaient-ils à faire ? Euh…non c’est pas ça ! Quel film devont-nous aller voir ? Un petit Tim Burton ? Malheureusement je ne suis pas tout seul ! Et l’assemblée générale préfère voir un film français ! Pourquoi pas. Essayons le dernier Astérix !
1h53 minutes plus tard et après un combat acharné pour sortir du cinéma, me voilà libéré ! Je souffle, je retourne à ma voiture, je rentre. Mais qu’en est-il du film ?

Sur le papier, Astérix aux jeux olympiques promet ! Un budget faramineux, des stars à ne plus savoir qu’en faire, une super production TF1. Une histoire sensiblement simple, Alafolix membre du village gaulois s’en va en Grèce pour remporter les jeux olympiques ! La victoire de ces derniers permettant d’obtenir la main de la princesse Irina.
Sur la toile, l’impression est différente. Même si, et je le dis dès maintenant, j’ai bien aimé le film, il n’en reste pas moins un panel de points à aborder et à commenter.

En ce qui concerne l’histoire. L’adaptation n’est pas du tout identique au livre. Des personnages apparaissent, d’autre disparaissent. Les fans seront déçus, les adeptes de scénarios intéressants seront déçus, ceux qui veulent réfléchir seront déçus. Et oui, il faut être franc ! On se fait chier ! On se demande même où ils sont allés chercher le titre. Car on doit voir à peu près 5 jeux. Autant dire presque rien. On se demande parfois que fait Assurancetourix, ou encore Panoramix, tellement ils sont, comment dire… inutile à l’histoire.

En ce qui concerne l’interprétation. Les acteurs sont bons. Cornillac redonne de la vie à Astérix ! Là où Clavier avait fait de ce dernier, un petit bonhomme stupide et heureux de frapper les romains, Cornillac lui redonne ce coté malin, réfléchi et intelligent qu’il avait perdu. Depardieu est toujours aussi bon ! (Pour être franc, je trouve qu’il est fait pour ça !) Bon, je vais pas tous vous les faire, mais franchement ça fait du bien !

En ce qui concerne le visuel. Les effets sont beaux. Les décors aussi. Mais franchement, ça ne fait rêver que les enfants !

En ce qui concerne la critique. Ceux qui veulent du Astérix, de belle histoire de gaulois et autre, n’envisagé pas une seule seconde d’aller le voir. Par contre, si vous avez envi de voir un défilé de stars, une déferlantes de blagues à la Dubosc, Semoun, Astier, et autre alors vous allez être content ! Car Astérix aux jeux olympiques n’est pas un Astérix ! Il s’agit d’un prétexte pour faire d’un film, une grosse comédie française ! Et au lieu de voir, une adaptation, on observe un enchaînement de sketchs ! Ainsi Assurancetourix est un « kéké » à la Dubosc, Astier apporte l’humour de Kaamelott, Semoun passe ses petites annonces, César copie Delon, et Poelvoorde joue Poelvoorde. Si vous aimez les acteurs, vous aimerez les personnages. Les blagues sont bonnes, on se demande même si des enfants de moins de dix ans vont les comprendre ! Les anachronismes sont nombreux, sont bien placés et font rigoler ! (Le « vas te faire voir chez les grecques » est superbement placé !) C’est pourquoi j’ai souri, rigolé, et je crois même avoir senti des larmes coulées. Enfin, la petite cerise sur la cerise, le dernier quart d’heure est réellement n’importe quoi. Quant à Zidane, tout bonnement sublime (il joue bien le con…)

En conséquence, je dirai que les enfants vont pour l’univers, quant aux adultes, ils n’y vont que pour l’humour ! On est loin, très loin d’un mission Cléopatre, mais voilà ! J’ai passé un bon moment et je ne regrette rien. Le film ne tient pas ses promesses, certes, mais il nous fait passer un bon moment. Je conseille donc à tous les fans de Semoun, Dubosc, Astier et autres d’aller voir ce film car on se marre et pour moi, quand t’as pas envi de te prendre la tête, ça fait du bien !

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Signé : Une loutre

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04 février 2007

Casino Royal

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Le dernier James Bond était bien évidement doublé d’une impressionnante campagne de promotion. Buzz Internet sur la blondeur du nouvel acteur, puis discours sur le renouveau total de la franchise permise par cet opus à l’appuis, personne n’ignore que Casino Royal constitue l’adaptation du premier roman et par la une sorte de genèse du mythe à moins de prôner une forme d’isolement ascétique particulièrement restreinte.

Mais qu’en est-il vraiment ? Qui est le nouvel/ancien James Bond ? Que fait-il de sa vie ? Il vote pour qui en 2007 et il est pour ou contre les tentes Quechua ?

Et surtout, est-ce que ça valait le coup de nous bourrer le mou avec un retour aux sources auto-proclamé ?

Le spitch :

Le Chiffre est le nom de code du grand banquier du terrorisme. Celui-ci est acculé : il a perdu l’argent de la pègre, et pour se refaire, organise une gigantesque partie de Poker aux mises faramineuses dont il compte bien sortir vainqueur. Mais les services secrets britanniques, jamais à cour d’idée, recrute un jeune agent, qui, certes, les embarrasse par ses gaffes, mais se  trouve être un excellent joueur de poker. Et la piquante Vesper Lynd, envoyée du trésor pour veiller sur la mise de l’état, se voit donc escortée par une force tranquille d’1m90, 95 kilos, répondant parfois, si on l’appel suffisamment fort,  au nom de James Bond et depuis peu au matricule 007.

Et dont la tête est réclamée par tous le Royaume-Uni pour un double meurtre au milieux d’une ambassade…

Little James in slumberland

Le filme est introduit par une séquence  en noir et blanc ou James bond obtient son permit de tuer, et qui résume assez bien l’argument du filme. Pour devenir ce que nous sommes, nous devons passer par des épreuves. Et plus nous avons le caractère qui se forge, plus nous avons passé d’épreuves. Bond étant une vrai caricature, il en a bavé sévère afin de se dégrossir, et nous allons voir comment. 

Première nouvelle de la grande trompette marketing: le nouveau James, c’est le vrai, l’authentique, le retour aux origines. Un genre de produit du terroir qui fleure bon la vie champêtre. Méfiez-vous des contrefaçons, surtout brunes et velues des pectoraux. Daniel Graig (à ne pas confondre avec Greg David, chanteur de R&B sucré) incarne parfaitement cette nouvelle image, avec ses yeux bleus comme un emballage de yaourt, ses cheveux couleur beurre frais et sa musculature de taureaux de concours agricole. On ne sait pas ce qu’il bouffe, mais ça doit être protéique.

Le nouveau Bond, on l’a comprit est brut de décoffrage. Pas seulement physiquement, d’ailleurs mais aussi dans sa technique. Attention, au mâle, il mord et Pierce Brosnan passe pour une grande folle habituée du Queen à coté de ce nouvel exemplaire. Le meilleur exemple en est bien sur la stupéfiante poursuite à pied.   Face à un marchand d’arme d’une agilité époustouflante, qui louvoie avec grâce dans un décor urbain, l’anglais adopte la technique dite « du bulldozer » au sens propre, et rase à peu près tout. Quand l’autre escalade, saute, évite les obstacle, et se réceptionne tout en finesse, le poursuivant préfère démolir le chantier pour se trouver un ascenseur, casse un mur et se ramasse, se prend des pains, se mange des poutres, reçoit des gnons, des pêches, des prunes mettez moi tous le compotier, voilà merci.

Et oui, le Bond Junior il a pas la classe. Et même, il loose sévère, surtout face à un adversaire qui se déplace avec tant de classe.

Le Bond des débuts est donc une brute épaisse qui clôture la poursuite en mettant une ambassade à feu et à sang… sous le nez d’une caméra.

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I believe, I can flyyy

Pour l’heure, il n’est qu’un jeune agent, un chien fou incontrôlable et ce n’est pas souligné uniquement par sa blondeur juvénile. L’actrice Judy Dench, vestige de la bande à Brosnan, signe ici un rôle en M comme « maman ». Elle a toujours dû faire la moral à son subalterne, mais ça m’a particulièrement frappé dans cet opus ce petit coté « Les femmes passent mais je reste fidèle à Mum et à l’Angleterre ». Il est inexpérimenté, irresponsable et tête brûlée, et les dialogues qu’il échange avec elle semblent ceux d’un ado avec sa mère.

Toujours pas classe, donc. En fait, il est inutile d’aller la chercher nul part, la classe. Oui il n’est pas stupide, il est efficace et il porte bien le costard, mais c’est sans subtilité et en tombant dans tous les pièges de l’adversaire.

Et c’est ça le renouveau Bondien. Un résidu de la guerre froide qui s’en prend vraiment plein la tronche, un mec qui devient vulnérable et tombe amoureux, un Don Juan qui se fait broyer les testicules ( un peu plus à droite), un stratège qui trouve plus fin, un invincible qui se fait sauver la vie par sa copine. On ne l’aurait pas cru.

GoldenCard et Matsermind

Bien sûr, il y a les paillettes, des moments de pur fan service. Facilement ludique, de la poudre à faire se pâmer les fans, un peu comme l’asthme de dark vador. On pourrait citer l’acquisition de l’Aston Martin, la recette de la vodka martini où la bataille finale apocalyptique (Vous connaissez la sauvegarde du patrimoine historique ? Ben lui, curieusement, non). Mais le nouveau concept de ce Bond est justement qu’il est mal dégrossi, plus brutal, et en même temps plus humain. Comme si avant de devenir le résident semi permanent d’une sorte de paradis moderne, peuplé des plus belles femmes, des voitures les plus chères, des hôtels les plus luxueux donnant sur les plages les plus idylliques, il fallait gagner son ticket d’entrée avec les dents dans le purgatoire de la lutte contre les forces du mal. Celles des autres, et les siennes. Intérieures. Parc que si JB (tu permet que je t’appel JB ?) va continuer à chacune de ses aventures de faire du tire à la carabine au stand « crime organisé et fous dangereux mégalomanes », l’idée c’est quand est que c’est cet opus qui le coule dans le moule de l’insensible tombeur porte-flingue que l’on connaît. Donc, bah, il doit souffrir plus que d’habitude.

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Et T’oses me faire le coup de la panne ?

Au Service (du) Publique

Bond est donc plus intéressant que d’habitude, et en plus escorté de personnages attachants. Vesper Lynd réussie à ne pas tomber dans les écueils habituels des James bond Girls. Ce n’est pas Barbie Sunset Boulevard, ni Action Women Mission Secrète, mais un vrai personnage avec des émotions.

Le Chiffre signe également une partition attendrissante de méchant pathétique, agité de tics, pleurant du sang, malingre et harcelé par ses créanciers.

L’ensemble reste emballé dans le bolduc habituel, trahisons, cascades, effets spéciaux nickels, (heureusement parc qu’on est devenus blasés). Un renouveau totale, donc ? Pas vraiment. Mais l’ensemble convainc, la partie de poker est étonnamment haletante, on ressorts ébouriffés d’avoir tant couru dans des chantiers, et surpris par la scène de la douche qui était tout à fait impensable auparavant.

Un grand spectacle bien divertissant.On regrettera juste que la promotion, comme d'habitude, vous raconte tout le filme...  Avec en bonus un générique de début coloré et très sophistiqué. Dommage qu’on soit loin, musicalement, de « Live and let die ».

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Grosses boots et pas de chichis : JB est joignable à tout moment pour venir déboucher la fosse sceptique.

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01 janvier 2007

Indigènes

Après un récent passage dans les salles obscurs (Enfin ! Ca faisait longtemps... ^^), je me suis fait un devoir de vous présenter un film génialissime, le bien nommé Indigènes, réalisé par Rachid Bouchareb.
Cette fiction (et j'insiste sur ce mot et j'y reviendrais plus tard) "historique" nous narre le périple de quatre compagnons d'armes se déroulant entre 1939 et 1944 (avec un petit passage en 2004) entre le Maghreb et l'Alsace. On suivra leur parcours semé d'épreuves à la recherche d'une sorte de Graal, chacun ayant un sens symbolique différent suivant le personnage.

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Ces quatre jeunes hommes, incarnés par Jamel Debbouze (Said), Samy Nacéri (Yassir), Sami Bouajila (Caporal Abdelkader) et Roschdy Zem (Messaoud) incarnent à eux seuls toutes les tragédies qu'ont pu subir les tirailleurs africains (et par extension tous les imigrés) pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Ici, point de diabolisation à outrance, ni des allemands (pas très présents), ni des supérieurs hiérarchiques (qui sont quasiment autant de salauds que pas), simplement des faits, tous plus crédibles les uns que les autres. Pradoxalement, j'ai l'impression que c'est le choix de réaliser une "vraie" fiction qui a permis autant de vérité, de cohérence, car le fait de traiter un tel sujet sous une forme pseudo-historico-biographique a tendance à tenter de rendre les "gentils" plus gentils, à les faire passer pour de vrais héros, et de rendre les "méchants" encore plus vils et salauds.
Mais la fiction permet de se détacher de tout ça, on nous narre une histoire où l'humanité même du plus pourri des Hommes nous émeut et nous touche vraiment. Qui plus est, qui dit fiction, dit quasi-liberté pour traiter un sujet qui tient à coeur comme on le désire.

En plus de celà, dès le début du film, dès le générique, un constat s'impose : C'est Beau ! C'est extrêmement beau. A l'oeil comme à l'oreille.
Mais connaissant l'Histoire (avec une majuscule), ce constat se mêle inconsciemment, imperceptiblement avec un autre sentiment : tout cela est d'une tristesse intense (pour diverses raisons), mais subtile. On la ressent sans y penser, comme si elle se réservait pour mieux nous atteindre.
Et tout au long du film, ces deux sensations s'entremêlent, se repoussent l'une l'autre. Un mélange auquel vient s'ajouter une terrible cruauté au vue des images, mais encore une fois assez fine pour ne pas désaquilibrer le film. Nos sentiments sont balancés dans tous les sens, telle la houle des vagues, sans pour autant nous donner le mal de mer.
Mais tous ces sentiments frappent quand tout s'arrête. Dès que les noms commencent à défiler à l'écran, d'un coup les larmes me sont montées au yeux, comme une prise de conscience tardive. Je ne m'y attendais pas du tout, vu que tous les moments cuels du film étaient déjà passés. Ce film fait travailler l'esprit.

De surcroît, la force du message (qui a souvent été évoqué par ci par là) semble ici accrue. Ce message nous touche de plus ou moins près certes, mais nous touche plus fort que d'habitude quand même.
La raison ? Le silence !
L'une des grandes forces du film réside dans le non-dit. Ici, une intonation, une (non-)réaction ou simplement un regard en dit plus long et traite certains sujets plus profondément que le plus long des discours. Et par là même tout ceci nous reste plus  longtemps en mémoire car le film fait travailler son esprit critique pour arriver à faire passer même la base du message.
Il y a par exemple une scène où l'on voit le Caporal Abdelkader rentrer chez lui.
Comme ça, je suis d'accord et je l'admets volontiers, cela ne semble pas frappant. Mais je mets au défi quiconque de ne pas ressentir la lourdeur (de sens) de cette action.
Beaucoup de scènes, minutes, secondes de ce genre parcourent le film.
De plus la période pendant laquelle se déroule le film le rend encore plus puissant. En effet, pendant que le monde fustige les Nazis, un racisme profond s'installe en France, sous couvert des évènements et sans que personne ne fasse rien (ou pas grand chose).
Cette fiction est plus qu'efficace : elle est subtile et servie par des acteurs qui n'ont pas toujours été bons, mais géniaux dans Indigènes.

Je vais donc vous présenter une autre des (très) grandes forces de ce film : les quatre acteurs/personnages principaux (je ne pourrait pas vraiment parler de l'acteur en soit, tant il se fond dans son personnage), tous plus vrais (que nature) les uns que les autres.

Samy Nacéri (aka Yassir) :
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Il entre avec son jeune frère dans l'armée française, principalement pour l'argent. Il se fiche pas mal de la France pour qui il se bat mais est prêt à tout pour gagner un peu plus de sous pour mieux vivre et offrir un mariage à son frangin. Il semble terrible au début du film, mais paraît s'adoucir tout du long, au fur et à mesure qu'on commence à le connaître et le comprendre.
En tout cas Samy Nacéri (l'acteur) est méconnaissable dans ce film. Personnellement j'adore.

Jamel Debbouze (aka Said) :
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Il joue le rôle d'un homme plus ou moins simplet, cherchant la reconnaissance, non pas nationale, mais d'une personne quelconque, pour suivre sa route jusqu'à un but indéfini.
Pour ce rôle, Jamel s'est totalement débarassé des toutes ses mimiques habituelles (et ce doit être très dur quand on voit que certains grands acteurs se sont fait bouffer par ces dites mimiques, comme De Niro par exemple) et confirme une chose : je suis vraiment fan de lui.
Et puis il arrive quand même à faire sourire malgré tout, une âme de comique ne se perd jamais...

Sami Bouajila (aka Le Caporal Abdelkader) :
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Il incarne un homme de devoir qui donne tout ce qu'il a pour servir la France (c'est "SA" patrie). Il essaye plus que tout de prouver que même étant Maghrebin, on a aussi des droits et que l'on est capable de faire aussi bien que tout le monde. C'est pour ça d'ailleurs je pense qu'il a passé les concours de gradés. Il est juste et n'a aps de parti pris, assez sage et magnifiquement rendu vivant par Sami Bouajila.

Roschdy Zem (aka Messaoud) :
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C'est sans doute le personnage principal dont on en connaît le moins, et qui paraît du coup plus "normal".
Mais le personnage se développera néanmoins grâce à une "histoire d'amour" (non y'a pas d'eau de rose là dedans) mettant en avant la dureté de la censure militaire du courrier, le peu de moyens de savoir ce qu'il se pase réellement sur le front (et d'y cacher les atrocités qui s'y passent, ou pas, mais ça tout le monde le sait déjà)) et le fait qu'il est très difficile après avoir goûté au "luxe" de la France de revenir là où il est né. Une sorte d'attachement profond non réciproque...
Il nous expose le rêve que peut représenter la France dans la tête de ces tirailleurs (qui portent alors très bien leur nom : rester dans ce beau pays, où retourner dans un autre plus pauvre mais où se trouvent nos racines. Une question qui peut être élargie de nos jours avec ce même point en ajoutant que certains immigrés sont rejettés aussi bien en France, car étant "étrangers" mais aussi rejetés de leur pays d'origine, car étant "français").
Le tout servi par la bonne bouille de Roschdy Zem avec un peu d'humour ("pas de chance" ^^. vous comprendrez envoyant le film)

J'ai parlé uniquement de ces quatre là, mais plusieurs personnages secondaires auraient mérités leur petite description, comme Bernard Blancan (le Sergent Martinez).

Donc ces quatre bonhommes représentent chacun une facette de toutes les peines qui tiraillaient ces "faux" français, se battant pour (libérer) la France, leur patrie (mais eux ne sont pas ses citoyens), parce que c'est "leur" pays, mais qui ne seront pas honorés come les autres, enfin non, ils ne seront tout simplement pas considérés comme les autres (ce qui n'est parfois pas plus mal).
Ils sont français sans l'être. De là naît une crise d'identité formidablement personnifiée par le Sergent Martinez, gradé français, qui va jusqu'à cacher ses origines maghrebines, mais gardant constemment sur lui une photo les lui rappelant. Le choix est libre d'interpréter comme on le désire cet acte. Pour ma part j'aime à penser que cela permet au moins au Sergent de pourvoir interférer au près de supérieurs hiérarchiques afin d'aider ces "Indigènes" venus d'Afrique (ceux venant d'Afrique Noire étant plus que mal traitée, ils n'ont même pas droit à un regard de leur chef avant de partir à l'abattoir), ces sans-noms, ces gens que les gradés français ne savent pas vraiment comment appeler. Même si c'est vrai qu'à ça, on ne peut oter la volonté sûrement de passer pour français pour avoir une meilleure vie, une meilleure réussite.

Pourtant, force est de constater leur utilité pour l'armée de ces personnes. Mais de suite après les combats, ils sont oubliés et redeviennet ce qu'ils étaient : des parias, des étrangers. Et on les laisse tomber, on ne les forme pas, ne les éduque pas, eux qui cherchent par tout les moyens d'obtenir de la reconnaissance de la France.
Et le constat final est assez déroutant : Morts, ils sont logés à la même enseigne que leurs frères d'armes français. Mais vivants, ils sont oubliés, considérés comme morts, le repos éternel en moins.

Pour conclure, je me contenterais presque de simplement vous conseiller d'aller voir ce film, parce que dans cette histoire, une grande part est laissée libre à l'interprétation et il serait fort probable que vous ne le voyiez pas du tout sous le même jour que moi.
En tout cas il s'agit d'un très très bon film, servi par d'exellents acteurs (qui méritent amplement leur prix d'interprétation masculine groupé au dernier Festival de Cannes) et par une musique envoutante.
Et un film qui fait du bien en cette période d'anti-musulmanisme primaire. Il est bon de se souvenir qu'il y en a des deux côtés qui sont en tort.

Posté par Invites à 23:00 - sorties remarquées - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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