02 août 2008
Wall-E
Histoire :
Wall-E ? Waaally ? Evâ ? Eveeeeeee ?
Critique :
Meilleur Pixar, meilleur dessin animé en image de synthèse de tous les temps pour sa première partie quasiment muette, très audacieuse et qui réussit à donner des émotions à un petit morceau de métal. Du grand art, tout simplement.
Pour le reste, ce film plaira principalement aux enfants pour sa deuxième partie, plus grand public ; mais les adultes ne resteront pas indifférents devant ce film qui fait dans la morale facile et déjà-vue, mais qui possède des qualités artistiques cinématographiques indéniables.
Ne cherchez pas plus loin, il n'y a pas à en dire plus pour synthétiser parfaitement le film.
Pour en parler plus en détail sur sa richesse, il y a matière, mais je préfère que vous le découvriez.
01 juillet 2007
Persépolis
Synopsis
Téhéran, 1978. Marjane est une petite fille de huit ans dont la vocation aussi simple qu'ambitieuse est de devenir le prochain et dernier prophète. Fan inconditionnel de Bruce Lee, elle a un tempérament fort et est choyée par toute sa famille.
Tout le film est un immense flash back de sa vie jusqu’à ce qu’elle arrive à Paris en 1992, passant par son enfance au milieu de la guerre civile et ses échauffourées avec ces professeurs qui l’obligeront à quitter l’Iran pour aller à Vienne avant de terminer par son retour dans le pays natal.
Mémoires de Persépolis
Ce film, réalisé par Marjane Satrapi, est une adaptation de la bande dessinée du même nom écrite par cette même personne, créant deux autobiographies dans deux styles différents. Non seulement cette adaptation avait tous les moyens d’être profondément humaine, mais en plus l’auteur-narrateur-personnage principal a réussi à faire un film d’une très grande qualité, par son témoignage poignant, drôle et moralisateur sans être excessif.
Ainsi, on parcourt l’histoire et l’évolution du régime politique iranien à travers le XXème siècle. Tout commence par la prise du pouvoir par Reza Khan, dont l’ambition de faire de la Perse une république moderne sera altéré par la proposition des anglais de créer un empire ayant des accords économiques avec la Grande Bretagne. Puis, lors de la succession du fils de Reza Khan, ce dernier, le Chah, exerce une dictature violente amenant à une révolution et la chute du régime au profit de la République islamique marquant le début des "commissaires de la révolution" qui contrôlent tenues et comportements. Suit la guerre contre l'Irak entraînant bombardements, privations, et disparitions de proches. La répression intérieure devient chaque jour plus sévère.
C’est à partir de ce moment que Marjane, âgée de quatorze ans, avec sa langue trop pendue, va devoir quitter son pays pour aller à Vienne, où elle vivra une deuxième révolution : l'adolescence, la liberté, les vertiges de l'amour mais aussi l'exil, la solitude et la différence.
L’adolescente, bientôt jeune femme, va alors se sentir exclue de ces deux mondes : d’un côté, Vienne avec lequel elle n’a pas de point commun, elle ne partage pas la culture et se sent isolée à cause de ses origines ; de l’autre, l’Iran, où les gens qu’elle connaît souffre et ont connu une guerre qu’elle a fuit. Entre les fêtes secrètes, l’Université où l’anatomie est étudiée de façon étrange, le machisme, Marjane ne va plus avoir d’équilibre, va connaître la dépression et trouvera le réconfort auprès de son futur mari. Seule sa grand-mère et ses parents resteront pour l’épauler, même lors d’un mariage décidé précipitement et qui va la convaincre de partir de son pays pour toujours, pour aller en France.
Un long flash back dont le but est de montrer, sans être forcément moralisateur, l’absurdité et l’égoïsme de certains hommes qui a conduit à une succession de régimes répressifs et contradictoire, créant un déséquilibre permanent pour ces habitants, et principalement Marjane.
Une distanciation s’opère, telle une autobiographie, lorsque certains évènements sont racontés comme la prise du pouvoir par Reza Khan, avec l’ouverture d’un petit théâtre et un esthétisme accru. Aussi, le fait que ce soit différents personnages qui les racontent, et non pas le narrateur, comme l’oncle, montre clairement que le point de vue sera forcément subjectif, et donc qu’il ne faut pas pour autant s’y fier, même si une part de vérité éclate toujours au travers de ces histoires. C’est donc au spectateur de se forger sa propre opinion, d’utiliser sa réflexion pour trouver l’absurdité de tous les régimes qui se sont succédés.
On trouve aussi dans ce film l’incompréhension des gens qui ont connu la guerre, qu’on voit parfaitement lorsqu’elle est à Vienne et qu’elle s’énerve contre l’un de ces amis dont la pensée est proche du théâtre de l’Absurde et qui pense que la vie n’est rien.
Mais au lieu de nous donner un film assez pesant ne pensant qu’à dénoncer la politique qui aura été menée en Iran, Marjane Satrapi introduit une bonne touche d’humour ravageur, criant de vérité, et autour de sa petite vie de fortune. Ainsi, le fait qu’elle aime Bruce Lee, sa passion pour les Bee Gees suivie par Iron Maiden, ses amours foireux, le langage vulgaire de l’héroïne, Karl Marx apparaissant aux côtés de Dieu, les films de Godzilla et Terminator et surtout le passage déjà culte où elle chante The Eyes of the Tiger avec un accent déplorable rappelant un candidat d’American Pop Idol, font que le film possède deux niveau, l’un sous forme de Mémoires, l’autre sous forme d’autobiographie, plus léger et par forcément déplaisant.
Marjane toute petite et déjà très énergique contre le Chah, entourée par sa grand mère et ses parents.
Notons au passage que le titre fait référence fut la capitale de l’Empire Perse Achéménide, montrant l’attachement de la réalisatrice pour son pays, comme le moment où elle s’énerve sur deux viennoises se moquant de ces origines.
Un esthétisme sublime apparaît dans ce subtil mélange de couleur pour le présent et le noir et blanc donnant ces limites au Flash Back. Notons que même si l’utilisation des couleurs se rapproche de Sin City, les deux esthétismes n’ont aucun point commun puisque l’un accentue la violence et l’autre renforce l’émotion, comparaison déjà vu avec le Canada Dry : ça en a la couleur mais ça n’a pas le même goût. Un dessin très beau, différents paysages se rapprochant de l’univers Burtonien (surtout certains arbres), des silhouettes jaillissantes par moment, tout a été soigné pour que l’émotion soit encore plus palpable. Une réussite à tous les niveaux de ce côté, les personnages sont finalement très faciles à reconnaître malgré ce que l’on pouvait penser.
Marjane adulte au premier plan et derrière son arrivée à Vienne.
Bref, ce film est une réussite de tous points de vue, une histoire poignante car vraie, une morale qu’on devra nous même se faire, un dessin audacieux, une touche d’humour bienvenu. A voir au cinéma et à acheter en DVD (quand il sortira bien sûr)
12 décembre 2006
Babel, d'Alejandro Gonzalez Inarritu
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Un petit compte-rendu pour ce qui constitue une de mes déceptions en cette période faste au niveau ciné. Babel est le dernier film de Alejandro Gonzalez Inarritu (Amours Chiennes ou encore 21 grammes). Il raconte quatre histoires en parallèles, situées sur trois continents, et mettant en scène des personnages de quatre nationalités différentes. Toutes ces histoires sont bien sûr liées entre elles dans une sorte de composition chorale métaphore de l’effet papillon. L’on passe d’un histoire à l’autre par succession de petites saynètes et l’on comprend petit à petit les liens qui unissent ces différents récits, bien que cela ne soit pas vraiment l’enjeu principal de l’intrigue. Hormis l’une des quatre dont le lien est très ténu, anecdotique et décisif à la fois, qui paraît assez détachée de l’ensemble, les trois autres sont unies de manière quasiment affichées dès le départ. L’ambition du film est alors double : d’une part montrer les difficultés de communication entre cultures, et rendre ainsi la perception du monde fragmentée qui nous échappe si souvent (d’où le titre) ; et d’autre part aller contre cet étoilement de surface et faire jaillir l’essence commune de l’humain présent dans chaque personnage de l’histoire. Et cela passe par la mise en scène de la détresse pour Inarritu, premier dénominateur commun à ses yeux apparemment de l’humanité. Et c’est justement là que doublement le réalisateur échoue pour moi malgré un film maîtrisé, formellement très réussi, toujours très bien interprété, parfois même beau. Mais jamais inspiré, ce qui demeure nécessaire dans une telle entreprise.
Où l’on apprend que les mariés s’envolent, que la J-Pop c’est fait pour les sourds, que le cours de la chèvre vaut presque celui du fusil, et que Brad Pitt pourra toujours se reconvertir en pissotière si le besoin s’en fait sentir.
Le premier récit est celui d’enfants américains gardés par leur nourrice mexicaine. Les parents devaient rentrer de voyage, mais ils ont un imprévu. Problème, la nourrice marie son fils de l’autre côté de la frontière. Elle décide donc d’embarquer les enfants pour la fête, emmenée par son neveu.
Le second récit est celui d’une famille pauvre de bergers marocains. Isolés sur des collines rocailleuses, les deux fils de la famille emmènent les chèvres paître. Les occupations sont minces, comprises entre regarder la sœur complice en train de se doucher et jeter des cailloux. Mais le père achète à un voisin un fusil pour éloigner les chacals qui déciment son troupeau.
Le troisième récit est celui d’un couple américain en crise et en vacances au Maroc. Une balle perdue le mettra définitivement en péril.
Le dernier récit se passe au Japon et suit une adolescente sourde et muette à la dérive mise au supplice par des désirs qu’elle ne peut exprimer.
La qualité des différents récits m’a semblé très inégale. Quatre films n’en font pas un, et la somme des parties n’est pas le tout. Mais surtout c’est le tour pris par chacun qui ma désolé. Autant je les ai trouvé tous les quatre justes dans la première moitié du film, autant ils me semblent dérapés « collectivement » dans une dérive de quête effrénée du pathos histoire de s’assurer de l’empathie du spectateur. Ca m’a personnellement glacé, énervé, et je suis resté finalement à distance. Le couple américain est très bien (Cate Blanchett géniale !), et leur relation dans la souffrance est très joliment travaillée. Mais les à-côté, le rapport aux autorités, aux autres touristes est lourde. Le film devient moralisateur, didactique, donneur de leçon. Cela est encore plus frappant avec les trames comprenant les enfants. Que ce soit au Mexique ou au Maroc, le suspens qui entoure leur sort est outrancier, et confine pour moi à l’invraisemblable, et même au ridicule. Seul surnage le film japonais, de bout en bout superbe, fin et subtil par comparaison aux autres. Inarritu a dû apparemment adapter son discours à l’esprit local, et heureusement. Son jeu sur la détresse humaine trouve là seulement à mes yeux une expression juste et réussie. Mais surtout, pour un film s’appelant Babel, les problèmes de communications restent finalement bien superficiels. La langue n’est jamais un obstacle (et on préfère de toute façon que ce soit les japonais qui soient muets ; j’aurais trouvé ça plus drôle et intéressant de donner ce rôle à des anglophones…), et c’est seulement la « culture » entendue dans un sens très vague et large, qui sépare. Mais le flou autour de ces « cultures » conduit finalement à une sorte de caricature qui tue pour moi l’intention du film. Comme s’il avait manqué son propos. Un comble quand on s’intitule « Babel »…
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