Le pavillon du cinéma

Flies et ses petits camarades vont vous parlez pour votre plus grand plaisir de petit cancrelat avide de savoir, de cinéma !

26 septembre 2008

La belle personne.

Si vous n’aimez pas ce film de Christophe Honoré, plaignez-vous à votre président. Le réalisateur affirme l’avoir produit en réaction à un commentaire un poil sarcastique de N. S. qui expliquait que savoir faire une explication de texte de l’œuvre de madame de Lafayette n’était d’aucune utilité aux membres de l’administration.

Du, coup, la Belle Personne est la pour rappeler que la littérature est intemporelle et toujours aussi apte à véhiculer des émotions, que les amours d’hier sont aussi ceux de demain, et que ce n’est parce que le président de la république s’est emmerdé en cours de français que la culture est quelques chose de superficiel et de facultatif.

Il s'agit donc d'une transposition de « La Princesse de Clèves » en milieux lycéen.
Junie, une jeune fille entière et intacte, va se retrouver confronter à l’amour et a ses conséquences, parmi lesquelles la jalousie et la culpabilité. Anticipant sur la mort des sentiments et la souffrance, elle le fuira.

La cours royale est devenue un lycée huppé, la jeune fille qui fait ses débuts en société est devenue Junie, une élève récemment transférée suite au décès de sa mère, le prince de Clèves est devenu son premier petit copain, le séducteur monsieur de Nemours a vus son statut de prédateur renforcé en devenant professeur d’Italien, le portrait est devenu une photo de classe, etc. etc. …les péripéties du livre sont donc pleinement exploitées, même si je l’ai lu il y un certains temps et ne peux donc pas le certifier sur l’honneur.

Honoré a également fait le parti pris d’un lycée chic ou les élèves seraient cultivés et discuteraient d’égal à égal avec leurs professeurs, ce qui transcende plutôt agréablement les clichés sur les lycéens. Cela donne des moments inégalement justes, comme cette scène de lavabos ou on entend une lycéenne annoncer de but en blanc à Junie « j’ai des relations sexuelles avec ton cousin » ou encor l’absence totale d’imbécile de service. Aussi classes, aisés, matures et favorisés que soient les lycéens qu’il a choisit de dépeindre il y a toujours des élèves plus immatures ou moins populaires que les autres dans une classe de 25 élèves et tout ne peut pas être aussi dénué de frictions et de mesquineries. A noter aussi que Nemours sort avec professeurs et élèves sans distinction et sans réelle coupure temporelle. Ce parti prit étant poussé un peu loin, le film sonne parfois un peu faux.

Malgré ça la transposition lycéenne m’a convaincue. (Scène des petits mots très marrante)
J'ai surtout apprécié L’importance donnée au regard des autres, à l’image que l’on véhicule, qui est très bien rendue. La caméra saisit les regards au vol, scrute les mouvements des uns et es autres, rend avec justesse le ballet des apparences, le parcours des rumeurs.

Le filme est beau, distille sont ambiance hivernale avec mélancolie. Les acteurs sont bons à conditions d’adhérer au festival de « Fils De »(Louis Garrel, Léa Seydoux, Agathe Bonitzer déjà vu dans Le Grand Alibi, le film de papa) et au fait que l’on retrouve Louis Garrel et Grégoire Leprince-Ringuet dans une même distribution, brun facétieux mais grave / blond doux et franc. En gros si vous leur trouviez des charismes de courgette bouillie dans « Les Chansons d’Amour » ça ne devrait pas beaucoup changer, mais pour ma part j’ai été convaincue.

Quant à Léa Seydoux, qui interprète Junie, elle est très convaincante, et possède une belle présence. Bien sûr, au bout d’un moment, la voir camper la même moue pendant tout le film finit par donner des envie de carabine à plombs, mais ayant eue exactement le même sentiment avec le personnage original de Mme de Lafayette je prends ça pour un une volonté délibérée.

Malgré quelques maladresses (la scène ou quelque chose tombe du deuxième étage est un poil précipitée, hum hum…), et une vision un trop fantasmée du lycée La Belle Personne est un filme beau et sensible que je vous recommande.

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Mamma Mia ! ABBA FOR DUMMIES

Il y a des soirs ou on a pas le choix de ce que le cinéma nous offre à voir. Dans ces moments, on se retrouve à voir des trucs qu’on avait pas vraiment prévu d’aller voir.

Les jeunes filles blonde ont de ces idées… se marier à 22 ans avec un play-boy fadasse prénommé Sky par exemple. Ou envoyer  des invitations à ladite cérémonie à ses trois pères potentiels, trois anciens amants de sa mère; tous aussi susceptibles les uns que les autres d’avoir triomphé de la compétition spermatique lors d’un même été. Non, ce n’est pas sa mère qui s’en est vantée, sa progéniture l’à découvert en furetant dans son journal intime de l’époque…

La cérémonie doit se passer dans l’hôtel de charme que sa mère gère tant bien que mal dans les îles grecques. On se demande pourquoi ces difficultés, d’ailleurs, tant la baraque semble sortie d’un catalogue Coté Sud et est en plus dotée d’une plus-value marketing appréciable : Situé sur l’emplacement de la source d’Aphrodite, censée conduire chaque personne qui en boit à un télescopage imminent avec son âme sœur, c’est aussi un ancien monastère (Huh …  …que faisaient les moines sur l’emplacement d’un culte païens pareil ?).

La mer, le patrimoine architectural et spirituel, des feuilles de vignes farcies et une baise d’enfer ? Voyons, elle devrait crouler sous les réservations…

Bref, les trois géniteurs potentiels débarquent sans savoir ce qui les attend, la mère n’est pas prévenue, Sky fait la gueule parce que les états d’âmes de sa blonde commencent à le gonfler et Sophie, contrairement à ses brillantes prévisions, ne sait pas distinguer à l’œil l’appel de l’ADN parmi trois quinquagénaires inconnus.

Ce speech un peu relou est un prétexte complet pour coller sur l’intrigue un maximum de tubes d’Abba, puisque le film est tiré d’une comédie musicale montée à Broadway l’année dernière. On y affirme en permanence et en musique qu’un peu d’argent, ça doit être marrant, que les reines de la danse ne quittent jamais l’adolescence ect…

Comme annoncé, il s’agit donc d’une comédie musicale kitschissime et dégoulinante de bons sentiments. Tout ce beau monde cabotine comme si leur vie en dépendait. Meryl Steepsemble parfois sous extas, Colin, de plus en plus Firth, Pierce toujours Brosnan, ne se donnent pas trop de mal pour sortir de leur archétype donné. Egalement au casting : deux sidkicks de la jeunesse du personnage de Meryl, dont un appartement-témoin de la chirurgie esthétique et un improbable sosie de Christine Boutin (évidement, ce n’est pas le même personnage). Le seul grain de sable du film vient de ce casting vieillissant imposant leurs tronches liftés, leurs cheveux blancs et leur bedaine. Seul Amanda Seyfried, qui joue la future mariée, semble avoir fait le chemin inverse vers davantage de conformité plastique. En clair on l‘avait connu plus pulpeuse encor dans Veronica Mars (excellente série au demeurant). On note aussi que certains ne savent pas trop chanter … (James Bond, pour ne balancer personne)

Un mariage, un coming out, quelques clichés sur les habitants des îles grecs, les ânes et les fagots de bois secs plus tard, tout se finit a peut près bien. Le film s’avère être une comédie de remariage, et le générique embraye sur un feu d’artifice de kitsch seventies. Quant au spectateur il manque un peu d’étouffer sous la guimauve. Sympathique et survolté mais Too much comme un gâteau à la crème. Doit prendre toute sa dimension avec des potes motivés et un peu  de vin de Thessalonique.

Posté par Flies à 16:33 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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