Le pavillon du cinéma

Flies et ses petits camarades vont vous parlez pour votre plus grand plaisir de petit cancrelat avide de savoir, de cinéma !

14 décembre 2007

Enchanted

Il y a quelques jours de cela, surprise dans mon inactivité habituelle par une sensation étrange, je demandais autour de moi quel pouvait bien être mon problème. Après avoir reçu plusieurs types de réponses allant du « sans avis » au « pathologie mortelle », je finissais par enfin découvrir la source de mes tourments : l’ennui.

Le désœuvrement avait, semblerait-il, eu raison de ma patience, et je m’ennuyais, tout mon être aspirant à l’activité.

« Il faut que je trouve quelque chose à faire ! » Me dis-je « quelque chose de drôle, d’intelligent, de distrayant. Quelque chose qui me pousse à la réflexion, quelque chose de facile et de cérébral. ».

A la lumière de ces nombreux critères, les possibilités se trouvaient extrêmement restreintes, c’est donc presque par obligation que j’abandonnais l’idée de me cultiver et d’épanouir mon esprit et que je décidais, en bonne jeune femme bientôt majeure, responsable et mature, d’aller voir le dernier Film de Walt Disney : Il était une fois.

Car oui, me dis-je, il faut bien que quelqu’un se charge de vérifier qu’on ne montre pas à nos enfants, à ceux qui prendront notre relève, des inepties amorales ! Il faut bien quelqu’un pour défendre les valeurs de notre société contre le vice et l’impérialisme incarné par l’empire capitaliste Hollywoodien ! Et qui mieux que moi pourrait s’acquitter de cette tâche ? Qui mieux qu’une grenouille folle, fan des Disney depuis son plus jeune âge, toujours pas sortie de la petite enfance et plus émotive qu’un paquet de madeleines ? Hein ?

C’est donc dans cet état d’esprit que je me suis rendue à la projection, tremblant à l’idée que j’allais voir un Disney sur grand écran et que si ça se trouve, il serait pas aussi bien que Le Roi Lion, et que je serais cruellement déçue, et que la vie était injuste, et que mon image du compte de fée en serait cruellement atteinte, et que j’allais au devant d’un traumatisme, et que peut être j’avais perdu mon âme d’enfant et que je ferais preuve d’un horrible cynisme grinçant face à toute cette guimauve…

Et bien que les plus inquiets se rassurent : votre serviteur n’a rien perdu de sa naïveté enfantine, et c’est sûrement grâce à cela que j’ai passé un très bon moment devant ce film.

Car « Il était une fois » est, de mon point de vue, un bon Walt Disney : il renferme les éléments classiques du compte, ceux qui font toujours rêver les enfants de tous les âges, et propose en parallèle une vision un peu plus moderne du happy end classique.

Il était une fois, dans un dessin animé, Giselle : une jeune femme fort charmante qui vit seule au milieu de la forêt au milieu d’un troupeau de petits amis de poils et de plume, et qui attend, comme toutes les jeunes princesses nunuches des comptes de fée, l’arrivée d’un prince charmant qui lui chanterait sans fausse note ses promesses d’amour éternel.

Le mecton en question s’appelle Edward, il est prince héritier du royaume et se traîne une belle-doche machiavélique qui rêve de garder le pouvoir en évitant par tous les moyens le mariage de son fiston.

Edward est beau, Edward chante bien, Edward est plein de charme et de charisme, et Edward dégomme un Orque tous les matins au petit dej. Bref, c’est le gendre parfait.

Autant dire que, lorsque Giselle, au détour d’un chemin, tombe du ciel tout droit dans les bras du beau prince, c’est tout naturellement qu’ils se déclament leur amour en musique et qu’ils partent vers le soleil couchant dans la ferme intention de se marier.

Et ainsi, tout est bien qui finit bien, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants : tombé de rideau.

Oui, mais seulement voilà : la belle-mère, joliment nommée Narissa, n’a pas dit son dernier mot.

Le jour du mariage venu, elle fomente une machination diabolique et, empruntant à une de ses célèbres collègues le déguisement de la grand-mère maladive, elle parvient à envoyer Giselle dans un autre monde. Un monde sinistre, dépourvu de magie, dépourvu de poésie, dépourvu de chansons, d’amour, d’éternité, de fées, de lutins et d’animaux parlants : Notre monde.

La suite, on la devine aisément : tout le gratin du compte de fée va se retrouver, petit à petit, contraint de plonger dans le monde « réel » pour défendre son beefsteak, foutant ainsi un bordel pas possible dans notre beau Manhattan.

Evidemment, je ne peux pas vous conseiller d’aller voir ce film si vous n’aimez pas les histoires pour enfant, les Disney en général et les Happy Ends pleins de chantilly. « Enchanted » reste avant tout un film destiné aux moins de 10 ans et tous ceux qui ne prennent plus de plaisir à relire leurs vieux comptes peuvent passer leur chemin.

Mais si vous êtes dans le cas contraire ou que vous n’êtes pas tout à fait sûr de votre réponse, alors je vous conseil de faire le test en allant voir par vous-même.

Ce film est un compte de fée, il n’y a pas de doute là dessus. C’est même une fable assez réussie, qui reprend les grand classiques du genre comme des clins d’œil à ses célèbres prédécesseurs.

Mais ici, les studios Disney parviennent également à dépoussiérer un peu l’histoire d’amour classique : bien vite, l’incursion du compte dans le monde réel fait ressortir les lacunes de l’univers féerique et ses incompatibilités avec notre mode de vie actuel. Les robes de princesses se retrouvent totalement inadaptées à la vie en ville, les colombes et les lapins sont remplacés par des pigeons et des cafards, les beaux princes charmants sont avocats spécialisés dans le divorce… Autant de détails qui mettent en relief, d’un coté, le manque de fantaisie et de simplicité de la société moderne, et de l’autre l’aspect absurde et insipide de l’amour parfait proposé dans tous les comptes de fée standard.

Bien sûr, c’est tout de même le compte de fée qui gagne le, mais l’histoire rétablie tout de même un semblant d’équilibre entre fiction et monde réel : un happy-end, c’est bien, mais quand il cadre avec ce que l’on vit tous les jours, c’est quand même largement mieux.

Pour finir, je me permettrais d’émettre une légère critique quant à la partie animée de l’histoire qui souffre, selon moi, d’une large baisse de niveau du point de vue des dessins et de l’animation par rapport aux anciens Disney : c’est moderne, tout propre, mais beaucoup moins vivant.

Concernant la partie filmée, rien à dire : les effets spéciaux sont évidemment très chiadés, et je ne veux pas savoir combien de figurants et de tonnes de paillettes ont été utilisées pour le film.

En conclusion, je ne conseil à personne d’aller voir « Il était une fois » dans le but d’y trouver une réflexion profonde, un cynisme quelconque ou un aspect adulte et sérieux. Mais Si vous cherchez une jolie histoire à aller voir, les yeux pleins d’étoiles, pour vous rappeler la magie des comptes en ces périodes de fêtes, alors n’hésitez pas à y amener vos enfants, passés, présents et à venir.

Féeriquement, GB.

Posté par Grenouille bleue à 23:58 - sortie en boite - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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